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Bourrache en friche

Bourrache en friche

Plante des champs, devenue la reine des sauvages apprivoisée par la main de l’homme, la bourrache pousse partout et s’y plaît longtemps. Ma grand-mère en parlait sans jamais y toucher ne sachant être sûre de les identifier dans son carré potager. Elle disait que celui qui en a dans son jardin peut être certain qu’il en aura à vie. Ne s’en servant jamais pour la peau ni la cuisine, ma grand-mère les regardait pousser et admirait leur fleur en étoile violette-indigo. Par la suite, j’ai observé que leur couleur oscillait entre le rose et le bleu selon leur carence en potassium ce qui ne gâche en rien son développement végétatif. L’huile de bourrache en cosmétique est très nourrissante pour la peau et fait merveille sur la table par ses feuilles au goût de concombre et sa fleur à l’acidité de l’huitre. On pince les fleurs que l’on peut sécher pour tout l’hiver et en faire avec du gros sel, un peu de cinq baies, un assaisonnement coloré qui sent l’herbe sèche et les étés brûlants. L’idée m’était suggérée par les épices du bonheur de sainte Hildegarde, grande moinesse du XIe siècle, que je consommais avec gourmandise et non moins modération. Depuis, j’aromatise mon sel de pétales de rose ou de pelures de clémentine que je tasse au fond du pot. Le sachet à la bourrache est ma touche fantaisie quand le ciel est bas et pas si bleu que ça.

De la bourrache en hiver

De la bourrache en hiver

 

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